Comment peindre sur commande
This post was originally published in English two years ago. It’s about how to make art on commission.
Créer de l’art sur commande est un excellent moyen de s’engager davantage avec ses clients. Même si travailler avec un client afin de développer une œuvre d’art peut être un processus complexe, ça n’a pas besoin d’étre un échange intimidant. Quand je commence à travailler avec un client, je garde ces trois astuces en tête:
1) Je dois avoir confiance en moi.
Les clients veulent avoir l’impression que l’artiste sait ce qu’elle fait. Ils s’intéressent à moi à cause de mon talent et de mon savoir-faire, et ils ne devraient pas avoir à me chouchouter ni à faire le travail pour moi. A priori, ils aiment mon art, alors à moins que je ne leur donne lieu d’agir autrement, ils me laisseront faire ce que je fais le mieux.
Les mettre à l’aise, c’est plus que mon attitude lors des conversations avec les clients et entretiens avec les sujets. Il s’agit aussi de montrer aux clients que mon travail a du mérite et que, même si j’estime leur opinion, le travail fini est le mien, même si physiquement il est à eux!
Dans ce but, les contrats sont essentiels. Ils mettent tout le monde sur la même page au sujet des détails de l’échange comme la date de livraison et les droits à l’image des différentes parties, mais plus encore les accords écrits garantissent que les clients me considèent comme une professionnelle. Mes contrats montrent que je prends mon travail au sérieux et que leur commande m’est très importante pour moi.
2) Je dois écouter mes clients attentivement.
Les clients sont le public le plus engagé d’un artiste. Parce qu’ils dépensent leur argent pour acheter mes tableaux, mes clients ont tendance à avoir beaucoup d’opinions sur mon œuvre. Ils sont une source très précieuse d’informations sur la façon dont mon travail est interprété et compris. Je profite de leur intérêt en leur demandant de parler de ce qu’ils aiment et ce qu’il n’aiment pas dans ce que je fait. Ces commentaires sont utiles en général, mais ils sont vitals pour faire un travail pour eux en particulier.
Lorsque je parle d’une commande avec des clients potentiels, je leur montre les peintures que j’ai dans mon studio pour les faire parler. D’autre part, ma confiance en mes capacités établit que ce qu’ils me disent au cours de cette première conversation est la mesure de leur entrée. Ils ne sont pas invités à me demander de modifier l’œuvre quand je juge la peinture achevée parce que c’est mon travail. C’est une relation très différente de celle du designer avec son client: dans ce cas la créativité de l’auteur s’en remet à l’orientation du commanditaire.
3) Je dois être capable de dire «non» si mon œuvre n’est pas ce que le client cherche.
Les clients ne savent pas toujours comment choisir le meilleur artiste pour leur projet. Dans un monde parfait, chaque client qui cherche à travailler avec moi comprendrait exactement ce que je fais et ne me demandrait jamais de créer des peintures que je n’ai aucune envie de faire, mais ce n’est pas le cas.
Je peins des portraits, donc la plupart du temps les gens qui s’intéressent à ce que je fais sont à la recherche d’une ressemblance de quelqu’un qui leur est cher. Ceci dit, je reçois souvent des demandes pour faire un portrait qui soit une surprise pour son sujet, quelque chose que je ne peux pas faire puisque je dois rencontrer et photographier mes sujets moi-même pour faire un portrait. Dans ces cas, j’explique aux clients potentiels à quel point ma séance photo fait partie de la peinture, et j’essaie de les convaincre que le tableau final sera une surprise, même si le sujet sait qu’il arrive. Toutefois, si les clients ne sont pas persuadés, je leur donne le nom d’un artiste qui est heureux de travailler à partir de photographies fournies par les clients.
À mon avis, aucune somme d’argent ne vaut la peine de faire un tableau dont je ne serai pas fière. Si je perdais de vue le but et la philosophie de mon art et que je travaillais sur commande simplement pour gagner de l’argent, j’endommagerais mon œuvre entière.
La relation entre l’artiste et son client est complexe. Elle mélange des conventions du monde du business avec les sensibilités esthétiques de l’artiste et du client, mais elle vaut le coup pour les deux parties. Mes clients m’aident financièrement et «facialement» à créer des tableaux que je n’aurais jamais faits autrement, et le processus de la commande leur permet de se sentir particulièrement attachés à l’œuvre que je peins.
Il n’y rien de plus intime entre l’artiste et son public, et cette relation assure que je reste engagée avec la raison de base pour faire de l’art: la communication.

Gwenn Seemel
Katie
2008
acrylique sur coton piqué
76 x 61 centimètres
« Comment dire? J’hésitais à l’idée de vous laisser faire mon portrait. Pourquoi donc? J’avais peur de venir le chercher, pourquoi? Vous êtes extraordinaire, mais cela je le savais déjà! Vous avez vraiment saisi qui je suis. Merci pour le portrait. »
Après tout le travail, il reste ça: quelque chose à partager avec mes clients. C’est pour ça que je peins.
UN PEU SUR LE MÊME SUJET:
- Letting go of my art / Me séparer de mes œuvres
- For art or for money? / Pour l’art ou pour l’argent?
- Gagner sa vie avec son art
CATÉGORIES: - TOP POSTS - En français - Business of art -









PIDDIU Mélissia...
C’est vrai que je travail pas mal sur commande. Et je fait plutôt des contrats oraux. Et je montre la progression de mon travail régulièrement si je n’ai pas de limite de temps.
--- -- - --- - ---- - - --- ----- -- -C’est vrai qu’il faut savoir dire non. Si on me demandais des choses que je n’ai plus l’habitude de faire je ne prendrais pas le risques.
En tout cas il est important de se trouvé des clients. =) ET de faire que les choses donc on maitrise. Il vaut mieux gardé les prises de risques pour ses propres expériences. ^^