Gagner sa vie avec son art
This post was originally published in English a few months ago. It’s about how making a living is a lot like making a painting.
Même si j’écris beaucoup sur l’aspect commercial de l’art sur mon blog, je n’ai jamais trop aimé le marketing. Mais, si je veux continuer à peindre, il me faut de l’argent pour payer le loyer, donc le marketing devient une nécessité. Et si je ne peux pas l’éviter, pourquoi pas l’accepter complètement? C’est comme ça que j’ai commencé à voir un parallèle entre gagner sa vie avec l’art et créer un tableau:
1) Ils ont tous les deux une myriade de styles. Dans les dix dernières années, j’ai développé une manière bien à moi de mettre de la peinture sur la toile et mes coups de pinceaux continuent à évoluer aujourd’hui. De la même façon, il y a beaucoup de chemins à suivre pour gagner sa vie en tant qu’artiste, et c’est à chaque artiste de trouver le sien.
- J’aurais pu être un artiste qui brade son art quand il a du mal à vendre, mais je suis un artiste qui trouve que les réductions nuisent aux relations avec les clients que j’ai déjà.
- J’aurais pu embaucher un agent ou trouver un galeriste pour vendre mes œuvres, mais je m’occupe de mes affaires moi-même et vends mes tableaux sur mon propre site web.
- J’aurais pu essayer de tout faire toute seule, mais je préfère travailler avec d’autres artistes—comme j’ai fait pour cette série.
2) Ils ont tous les deux une variété d’outils. Tout comme ma collection de pinceaux a évolué au cours des dix dernières années, mes outils de marketing ont changé eux aussi.
- Je lis beaucoup de livres sur le marketing—sur le marketing de l’art mais aussi sur le marketing en général. Je suis toujours à la recherche de nouvelles manières de m’attaquer à ce problème.
- Auparavant je n’avais qu’un site avec des galeries de mes images, puis il y a deux ans j’ai commencé ce blog et j’ai créé des profils sur Twitter, Facebook, et LinkedIn, et le social media est devenu un outil inestimable.
3) Ils prennent tous les deux du temps. Je ne termine pas un tableau dans une journée, et le marketing n’est pas quelque chose de vite fait.
- Puisque le marketing nécessite un investissement important en temps, j’essaie de l’aborder avec une bonne attitude—j’essaie même de m’amuser! Comme j’ai toujours aimé écrire, il était logique pour moi de bloguer. Je fais quelque chose qui me plaît et ça me permet de rendre mon site plus intéressant.
- L’aspect commercial de l’art prend du temps aussi dans le sens que cultiver une voix pour son marketing n’est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain. Quand j’ai commencé ma carrière, je pensais savoir comment écrire un communiqué de presse. J’étais ignorante. Si Eva Lake m’a interviewée au sujet de ma première exposition professionnelle sur Artstar Radio c’est seulement parce qu’elle est tombée sur mon travail par hasard.
4) Tous les deux ils nécessitent de la persévérance. Étant donné que la création d’une œuvre et le marketing de mes œuvres prennent du temps, je pourrais facilement avoir envie d’abandonner.
- J’essuie beaucoup de refus de la part des galeries dans ma région, mais cela ne m’a jamais empêchée de proposer à chacune d’entre elles d’exposer mon travail à chaque fois que je débute une nouvelle série.
- Pendant des années, j’ai écrit aux historiens de l’art spécialisés dans le portrait. Le plus souvent, mes lettres ont été ignorées, mais ma ténacité a fini par payer. Après avoir échangé plusieurs lettres avec moi, Richard Brillant, l’auteur prééminent sur l’histoire de l’art du portrait, a écrit l’introduction du catalogue pour Subjective.

Le marketing peut être un acte créatif, un peu comme faire de la peinture.

Convevoir le marketing de cette manière m’a aidé à accepter l’aspect commercial de l’art.

Avec un tableau comme celui-ci, je me concentre d’abord sur le visage du sujet. Jeffrey m’inspire dès le début, et sa ressemblance me guide quand j’ai du mal à peindre.

De la même manière, mon art m’inspire pour le marketing de mon œuvre. Quand je suis épuisée par l’effort de gagner ma vie avec mon art, c’est l’envie de continuer à peindre qui me guide et m’aide avec l’aspect commercial de l’art.

Travailler sur un tableau consiste à répondre avec son pinceau aux marques qui existent déjà.

En général, quand je prends une photo d’une œuvre qui n’est pas encore finie, je suis satisfaite de ce qui se passe dans le tableau. Quelque part au fond de moi, je sais que la peinture n’est pas tout à fait terminée, mais j’aime cette étape dans le processus au moment où je prends la photo.

De même, la carrière d’un artiste évolue au fil du temps.

A quelque étape où je me trouve dans ma carrière, j’éprouve une certaine satisfaction jusqu’au moment où j’éprouve le besoin de me lancer à nouveau.

Dans un tableau, je donne des coups de pinceau sans comprendre quel rôle ces marques vont jouer dans la composition finale. Chaque marque individuelle semble être bien placée au moment où elle est placée, mais quand l’image évolue les marques sont souvent cachées. Elles font partie intégrale des couches de peinture même si elles ne sont pas visibles dans le tableau final.

De même, je lance un grand nombre de bateaux dans ma carrière: je communique avec celui-ci au sujet d’une possibilité et je discute un partenariat avec celui-là.

La plupart du temps, ces bateaux sont détournés en route ou même perdus en mer, mais cela n’a pas d’importance. Chaque fois que j’en lance un, j’apprends comment mieux lancer un bateau, et, chaque fois qu’un bateau se perd, j’explore de nouveaux territoires.

Gwenn Seemel
Jeffrey Gitomer
2010
acrylique sur toile
91 x 61 centimètres
(détail plus bas)

En fait, assez souvent, ces bateaux arrivent à bon port. Les peintures achevées ne montrent pas leurs couches cachées et les contacts potentiels deviennent des amis.
À la fin 2008, c’est exactement ce qui s’est passé. Je venais de lire le Little Black Book of Connections de Jeffrey Gitomer, et, tout au long du livre, Jeffrey souligne l’importance d’une attitude généreuse en business pour en faire fonctionner les rouages. En même temps, un des thèmes du livre est que personne n’est inaccessible, donc j’ai pensé que ce serait amusant de voir si Jeffrey lui-même était accessible. Je lui ai envoyé un e-mail pour lui demander s’il voulait bien poser pour un portrait que je lui donnerais en échange de son temps.
M. Gitomer est absolument ce qu’il semble être. En mars 2009, quand il est venu à Portland pour une conférence, je l’ai interviewé et photographié. Cet article vous montre son portrait terminé!
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- Prickly / Piquant
- Art = content + delivery / L’art = le fond + la forme
- Imitate this. / Imitez ceci.
CATÉGORIES: - En français - Business of art -
(6) Comments / Commentaires: Gagner sa vie avec son art
bonjour,
Je suis actuellement en train de choisir et de chercher ma voie et votre article m’a fait le plus grand bien et illustre à merveille le parcours difficile d’un artiste merci et bonne, très bonne continuation
Sujet intéressant et à discussions sans fin!! C’est par Twitter que je t’ai connu et j’ose imaginer que ton publique s’agrandit beaucoup avec ces nouvelles technologies. Même si les ventes ne se font pas sur le champs, le terrain se prépare pour le futur certainement
!. Je crois que c’est aussi avec les “chaines” de liens sociaux qui se développent entre “blogs, twitter, facebook…etc” qui font que le publique s’élargit. Si j’avais eu tout ça il y a 20 ans, je crois que je me serais certainement lancé bien avant dans le domaine des arts… mais bon, il n’est jamais trop tard. L’aide des autres artistes est toujours très précieuse mais chacun est unique et trace sa propre voie.
Bravo à toi et merci !... oh… et bonne fête en retard !
Merci Claire! Et je suis d’accord avec toi. Même si ces nouvelles technologies sont un peu trop pour moi parfois, je n’aurais jamais pu gagner ma vie comme je le fais sans eux.
bonjour je m presente clement sabrina je peint des toile acrylique avec mon mari et nous nous demandons comment pouvons nous faire pour nous faire connaitre du moins commencer a rentre dans ce monde dit de l art…
seriez nous nous eguillez…
sabrina clement
notre art es plutot figuratif art de rue
bien a vous
Le business de l’art est une grande question. J’en parle ici est là sur mon blog, mais plutôt en anglais qu’en français. Je vais faire un effort et écrire plus là-dessus en français. Entre temps, voici un article sur comment peindre sur commande. Bon courage!

Rom...
C’est beau de pouvoir gagner sa vie avec son art, hélas c’est quasiment impossible à notre époque.
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