Blog / 2025 / Portrait de Rümeysa Öztürk: Se Soucier Uniquement de Ses Propres Droits Est Exactement Comment On Les Perd
8 mai 2025
Rümeysa Öztürk
2025
acrylique sur papier
51 x 41 centimètres
(Acheter des impressions ici.)
Voici Rümeysa Öztürk, étudiante à Tufts University, interpellée dans la rue il y a un mois et demi par six agents du Département de la Sécurité Intérieure de Trump, qui avaient couvert leurs visages et qui ne portaient pas leurs uniformes.
Öztürk, citoyenne turque et boursière Fulbright, se trouvait aux États-Unis avec un visa étudiant. En mars 2024, elle était l’une des quatre étudiantes à co-écrire un article dans le journal de Tufts, critiquant la réponse de l’université aux manifestations contre la guerre à Gaza. Près d’un an plus tard, en février 2025, son nom, sa photo, et ses antécédents professionnels ont été publiés en ligne par une organisation qui divulgue l’identité des personnes qu’elle accuse de “promouvoir la haine des États-Unis, d’Israël et des Juifs sur les campus universitaires nord-américains.”
Après l’arrestation d’Öztürk, le secrétaire d’état Marco Rubio a déclaré lors d’une conférence de presse: “Nous vous avons accordée un visa pour venir étudier et obtenir un diplôme, pas pour devenir une militante qui saccage nos campus universitaires.”
L’Immigration and Customs Enforcement, l’agence de police douanière et de contrôle des frontiéres aux USA, a également publié un communiqué accusant Öztürk de soutenir le Hamas, sans toutefois fournir de preuves. Öztürk a été enlevée sans préavis. Elle n’avait pas été informée au préalable que le Département de la Sécurité Intérieure de Trump avait révoqué son visa.
Öztürk est actuellement détenue en Louisiane, loin de Massachusetts où elle habitait. Dans cette prison, elle subit des soins médicaux insuffisants et des crises d’asthme répétées, en partie dues à des conditions sanitaires déplorables. Son hijab lui a été retiré sans son autorisation par le personnel médical et elle se trouve dans une cellule officiellement prévue pour quatorze personnes, mais dans laquelle sont détenues 24 personnes.
Cela me fait mal de peindre Öztürk. Cela me fait mal aussi de peindre Kilmar Ábrego García. Cela me fait mal de ne pas avoir eu le temps de peindre Mahmoud Kahlil, Mohsen Mahdawi, Rasha Alawieh, Karim Daoud, Hannah Dugan, Andry Hernandez Romero, Jerce Reyes Barrios, José Hermosillo, Juan Carlos Lopez-Gomez, les trois citoyens américains de moins de sept ans et leurs mères nées au Honduras récemment expulsés, les deux cents et quelques immigrés qui sont maintenant emprisonnées au Salvador, la famille à Oklahoma City dont la maison a été envahie très tôt un matin par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement, et les nombreuses autres personnes que le Département de la Sécurité Intérieure terrorise depuis janvier.
Se Soucier Uniquement de Ses Propres Droits Est Exactement Comment On Les Perd
2025
acrylique sur l’autre côté du papier
51 x 41 centimètres
(Acheter des impressions ici.)
Chaque jour, je vis avec la conscience que le Département de la Sécurité Intérieure de Trump a vidé la Constitution de sa substance. Chaque jour, je vis avec la certitude que c’est en ne se souciant que de ses propres droits qu’on les perd.
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